Permettez-moi de vous dire un petit mot au sujet
de la Charité dans le Vêtement.
C'est un thème délicat il est vrai, et je tâcherai
de l'aborder franchement, avec les nuances qui
conviennent. Certains ne pensent qu'à cela.
D'autres ne veulent surtout pas en parler. Il doit
tout de même être possible, et même souhaitable,
d'en parler de temps en temps (1)
Les principes qui suivent sont donc à prendre au
sérieux, surtout lorsqu'on rencontre des âmes
consacrées (prêtres et religieux), dans une
église, un prieuré ou une école.
Exercer la charité dans le vêtement, c'est veiller
à s'habiller avec modestie et élégance. Qu'ils
se préviennent d'honneur les uns les autres
(Rom. XIII,10). Glorifiez Dieu dans votre corps,
nous dit encore S. Paul (1 Cor VI,20).
Avec le pape Pie XII proposons cette définition
de la modestie :
(C'est) un religieux respect du
corps qui se traduit dans un ensemble d'arrangement
de la personne, des manières, du maintien,
des paroles sagement réglées et mesurées
(2). Ajoutons que mode et modestie devraient
bien aller et marcher ensemble comme deux
soeurs, puisque les mots ont la même étymologie,
du latin modus, qui veut dire juste mesure,
en deçà et au-delà de laquelle ne peut se trouver
le juste ou le raisonnable (3).
Le vêtement, il est bon de le rappeler, a d'abord
pour but de voiler le corps.
Conséquence du péché originel, notre penchant
naturel vers la sensualité doit être maîtrisé. Il
s'agit de cacher ce qui pourrait exciter la concupiscence.
2e but du vêtement : nous offrir une protection
contre l'hostilité de l'environnement
(lorsqu'il fait particulièrement froid ou chaud, sec
ou humide).
3e but : indiquer la fonction ou le métier (soutane, toge, uniforme.).
4e but : concourir à la beauté (4)
Par exemple : une personne mariée doit chercher
à plaire à son conjoint. C'est ainsi également
qu'on peut souhaiter dissimuler une laideur
ou une infirmité.
Il faut noter que la grande majorité des enseignements
sur la pudeur concernent les femmes,
non pas que les hommes n'aient rien à entendre
sur la modestie vestimentaire, nous en dirons un
mot plus loin, mais parce que les femmes peuvent
facilement exciter la concupiscence des
hommes et être cause de scandale.
Nous pourrions faire bien des considérations.
Contentons-nous de quatre points parmi
les plus importants.
1) les vêtements impudiques :
Notre-Dame, modèle de pudeur et de pureté, a
révélé ceci aux enfants de Fatima : Il viendra
certaines modes qui offenseront beaucoup Notre-
Seigneur. Elle ajouta que le péché qui
conduit le plus de gens à leur perdition était le
péché de la chair (5).
En effet, l'indécence est un péché, péché de
scandale nous enseignent la théologie morale et
notre catéchisme. Péché de scandale et cause
de péché pour le prochain, dont une bonne part
de la responsabilité et de la peine est à attribuer
à celui qui en est la cause.
Les motifs invoqués en faveur du laisser-aller
sont habituellement : hygiène, bien-être, désir de
se mettre à son avantage, nécessités de la vie
sociale.
Voici l'enseignement de l'Église : Que la femme
catholique se sente tenue non seulement d'être
honnête, mais encore de prouver son honnêteté
par la façon de se vêtir (6).
Il ne s'agit pas, évidemment, de porter un ''sac''
ou des vêtements grossiers, sans aucun souci
des convenances et de l'élégance. C'est affaire
d'équilibre : Une jeune-fille peut être moderne,
cultivée, sportive, pleine de grâce, de naturel et
de distinction, sans se plier à toutes les vulgarités
d'une mode malsaine (7).
Mesdames, mesdemoiselles, Dieu ne vous demande
point de vivre en-dehors de votre temps,
de rester indifférentes aux exigences de la mode
au point de vous rendre ridicules en vous habillant
à l'encontre des goûts et des usages communs
de vos contemporains, sans vous préoccuper
jamais de ce qui leur plait (8).
Attention cependant, nous devons nous régler
non pas selon le jugement d'une société en décadence
ou déjà corrompue, mais selon celui
d'une société qui apprécie la dignité et la gravité
des moeurs publiques (9).Il n'est pas nécessaire
de donner trop de détails.
Saint François de Sales donnait cette recommandation
: Quand à moi je voudrais que mes
dévots et mes dévotes soient toujours les mieux
habillés dans une assistance, mais d'une mise
sobre et sans recherche, parés de grâce, de
bienséance et de dignité (10).
Pas besoin de ''taliban'' se promenant avec un
double décimètre...
La bure d'une carmélite est pour la carmélite,
pas pour la femme qui est dans le monde (sans
être du monde...). Mais tout de même, veillons à
ne pas trop dévoiler notre corps. Attention aux
décolletés, tout le temps, mais encore plus lorsqu'on
se présente à la Sainte Table ! Que de
négligence...
Pourquoi des femmes se permettent-elles de
montrer si facilement leur dos, leurs épaules,
leurs genoux ?...
Et le fait d'être mariée, mère de famille nombreuse,
n'accorde aucun ''privilège'' dans ce
domaine. C'est même un motif spécial de donner
le bon exemple.
On se réjouit à l'avance des grands rassemblements
de la Tradition (comme les cérémonies de
mariages), et on constate, pratiquement à chaque
fois, la présence de vêtements impudiques.
Plus le chapeau est large. et plus la robe est
courte !
2) les vêtements égalitaires :
Avoir chaud en hiver, passer inaperçue, être à
l'aise pour telle ou telle activité. tels sont quelques
uns des motifs mis en avant pour justifier le
port du pantalon par les femmes.
Nous connaissons tous ce passage de la Sainte
Écriture : Une femme ne sera pas vêtue d'un
vêtement d'homme, ni un homme d'un habillement
de femme : car celui qui fait ces choses est
abominable devant Dieu (Dt 22, 5).
Nous appelons ''vêtement égalitaire'' le vêtement
qui a pour but de nier les différences entre
sexes, différences voulues par le Créateur et
inscrites dans la nature. Nous vivons tellement
dans une atmosphère révolutionnaire que nous
avons peine à comprendre la nécessité d'aller à
contre-courant dans un domaine qui peut paraître
mineur.
Et pourtant le pantalon chez la femme est vraiment
la marque d'une émancipation, disons plutôt
d'une révolte. (On) devient libéral par suite
d'un désir naturel d'indépendance et de vie facile (11).
La peur de paraître ''vieux-jeu'', ''coincée'' ou
''psycho-rigide'' est très forte chez certaines dames
et jeunes-filles. Il faut avoir l'air comme les
autres, tout simplement. Pauvre conformisme,
triste peur du ''qu'en dira-t-on'' !
Notre-Seigneur nous demande d'être ses disciples
et donc, nous devons nous renoncer, porter
notre croix et le suivre. Disons avec Saint Paul :
Si je cherchais à plaire aux hommes, je ne serais
pas serviteur du Christ (Ga 1, 10). Et rappelons-
nous que le Royaume des Cieux est pris
d'assaut, et (que) ce sont les violents qui s'en
emparent (Mt 11,12).
Dans son Avertissement à propos du vêtement
masculin porté par les femmes (1960), le cardinal
Siri avait montré trois effets négatifs du pantalon
féminin (12) :
a) Il modifie la mentalité des femmes : Refus de
la féminité, rivalité avec l'homme.
b) Il tend à vicier les rapports entre l'homme et la
femme : Sans le frein de la pudeur, les relations
entre l'homme et la femme sont entraînées vers
la pure sensualité, à l'opposé de l'estime et du
respect.
c) Il détruit facilement la dignité d'une mère face
à ses enfants : L'enfant ignore la définition de
l'attentat à la pudeur, de la frivolité ou de l'infidélité
; mais il possède un sixième sens instinctif
qui lui fait deviner toutes ces choses, qui l'en fait
souffrir et qui en laisse son âme profondément
blessée.
Le Père Emmanuel du Mesnil-Saint-Loup avait
beaucoup prêché sur le thème de la modestie
chrétienne. On peut résumer son esprit en cette
citation (13) :
Nous aussi nous voulons que la femme soit
reine : elle le deviendra par l'humble sujétion qui
est la loi de son sexe, par la modestie, par la
retenue, par la pudeur. le christianisme n'émancipe
pas la femme, mais il la réhabilite, au point
de faire d'elle l'instrument de salut de l'homme, à
l'instar de la Vierge Marie.
Mesdames et Mesdemoiselles, soyez chrétiennes
24 heures sur 24. Bénissez le Ciel d'être
filles de l'Église et d'avoir des prêtres qui ont la
foi et portent la soutane. Ils sont capables d'effectuer
mille tâches en gardant le saint habit, été
comme hiver...
3) le voile dans le sanctuaire :
Voyons Monsieur l'abbé (au choix) ''c'est d'un
autre âge'', ''c'est un détail sans importance'',
''certaines femmes attirent l'attention sur elles
avec des foulards ou des chapeaux qui se remarquent
davantage''.
Mesdames, Mesdemoiselles, ne comptez pas
sur moi pour me lancer dans de hautes considérations
mystico-symboliques sur l'excellence du
voile. Commencez par relire le chapitre 11 de la
1ère Épître aux Corinthiens, texte inspiré où Dieu
(pas seulement Saint Paul) nous révèle Sa volonté
de voir la tête des femmes couverte à l'église (et pas seulement pour communier).
Bornons-nous aux versets 7 et 10, les commentant
brièvement avec les Pères de l'Eglise
(Tradition).
Quant à l'homme, il ne doit pas se couvrir la tête,
car il est l'image et la gloire de Dieu, tandis que
la femme est la gloire de l'homme (vers. 7).
Dieu exerce le gouvernement librement, en déléguant
son autorité aux hommes, non aux femmes.
Les femmes, parce qu'elles n'ont pas d'autorité
qui leur vienne de Dieu sinon par l'intermédiaire
des hommes, doivent se voiler en signe de
dépendance sociale.
C'est pourquoi, à cause des anges, la femme
doit porter sur la tête un signe de soumission (vers. 10).
Il faut entendre ''anges'' selon deux sens. Ce
sont tout d'abord les anges-gardiens des femmes,
témoins honnêtes de la pudeur ou de l'impudeur,
de l'obéissance ou de la désobéissance
de celles-ci. Ce sont aussi les prêtres et les évêques,
que les femmes non voilées, par leur impudeur,
risquent d'inciter au désir impur.
Il est bien certain qu'une dame ou demoiselle
habituée de nos chapelles ne peut être dans
l'ignorance au sujet de la discipline de l'Église.
Pourquoi donc l'Eglise a-t-elle imposé universellement
cette pratique pendant deux mille ans
(jusqu'au funeste Brigandage de Vatican II) ?
On est catholique fidèle à la Tradition, à l'Eglise
de toujours, quand on garde fidèlement l'esprit
de l'Eglise. Il est consternant de voir des catholiques
traditionalistes jouer sur les deux tableaux,
fréquentant nos chapelles, et acceptant les nouveautés
concilaires quand cela les arrange :
jeûne eucharistique d'une heure, suppression du
foulard, suppression de l'abstinence du vendredi.
Et pourquoi pas la messe anticipée du samedi
soir ?....
On rencontre facilement de l'orgueil ou de la vanité,
peut-être les deux à la fois !
En ce qui concerne les foulards, mantilles et
chapeaux, que la règle à suivre soit la simplicité
et le bon goût (14).
4) la tenue des hommes :
Oui, Messieurs, vous êtes aussi concernés et
devez faire des efforts. Il y a une tenue correcte
pour le travail, pour la maison et pour assister à
la messe le dimanche.
En général vous êtes bien habillés pour aller au
travail. Les convenances sont telles que vous
comprenez très vite où est votre intérêt. Il faut
''présenter bien'', soigner son apparence pour se
mettre à son avantage.
A la maison vous cherchez à vous détendre,
souci légitime ; c'est donc un vêtement différent.
Attention toutefois à ne pas vous contenter d'une
tenue négligée, surtout devant votre épouse et
les enfants. Et lorsque des amis viennent vous
visiter, le savoir-vivre exige que vous vous organisiez
pour bien les recevoir. Le laisser-aller serait
alors signe de rusticité ou de grossièreté.
Simplicité et politesse vont bien ensemble.
Pour ce qui est du dimanche, lorsque vous allez
à la messe, ne faites pas moins que lorsque
vous recevez des amis à la maison. C'est le Jour
du Seigneur ! Autrefois on parlait de "costume
du dimanche". Alors si vous êtes en costume
pendant la semaine, ''tiré à quatre épingles'',
vous n'avez pas le droit de vous présenter au
banc de communion avec une barbe de deux
jours et un habit qui conviendrait mieux à une
activité sportive.
- Vous comprenez, Monsieur l'Abbé, il faut que
je laisse reposer un peu la peau de mon
visage...
- Ah bon, alors le samedi si vous voulez, mais
pas le dimanche !
Chers Amis, profitons des vacances pour faire le
point. Que la période estivale ne soit pas le
moment du ''grand vide spirituel'' mais plutôt
l'occasion de faire une bonne retraite.
Sachons nous détendre chrétiennement, et
efforçons-nous toujours de répandre autour de
nous la bonne odeur du Christ.
Comme ''bouquet spirituel'', permettez-moi de
vous offrir ce petit texte à méditer, extrait de la
Règle des Chevaliers de Notre-Dame (cf.
Chapitre XVI) :
Les chevaliers de Notre-Dame
savent que l'homme est à la fois corps, âme et
esprit (1 Thes. V,23). Le corps humain est
l'épiphanie de l'âme et le temple du Saint-Esprit ;
il doit donc être pur, fort, agile et beau dans
toute la mesure du possible. Il doit manifester à
tous par ses attitudes à la fois simples et nobles,
parfaitement harmonisées aux sentiments de
l'âme, la splendeur de la grâce ''répandue dans
nos coeurs par le Saint-Esprit qui nous a été
donné'' (Rom. V,5).
Dans les Coeurs unis de Jésus et de Marie, je
vous bénis.
¦
+ Meylan, le 11.06.09 (Fête-Dieu)
Abbé Christophe Beaublat +
Notes
(1) Les prédicateurs d'antan ne prenaient pas de
ménagement. Citons ce trait de la vie de Saint Facond
(1430-1479) : Un jour il reprit si sévèrement les
femmes qui se montraient la poitrine découverte, que
plusieurs d'entre elles se réunirent pour le lapider ;
mais, le reste de son auditoire, ayant compris leur
intention, l'accompagna jusqu'à son couvent, sans
quoi elles l'auraient tué. Pour lui, il disait doucement :
'' C'eût été pour moi une belle grâce de Dieu, de
mourir pour cette cause.'' (Acta sanctorum, t. XXIII,
p.131). Alors,... Mesdames, Mesdemoiselles, attendez
un peu, respirez calmement, et laissez votre
armement au fond de votre sac à main !
(2) Pie XII - Allocution aux jeunes filles d'Action
Catholique, 6 octobre 1940.
(3) Idem.
(4) Saint Thomas d'Aquin - Somme Théologique II-II
q. 169 a. 2.
La femme doit se maintenir jolie, attirante et, surtout,
moralement séduisante ; elle doit être le sourire, la
joie et le soleil de son foyer (Pierre Dufoyer, in Le Mariage,
le livre de la jeune-fille, p.46, réédité en 2008
par les Editions Saint-Rémi).
(5) Citations rapportées par l'Action Familiale et Scolaire.
Bulletin n° 167 - juin 2003, p. 70.
(6) Benoît XV - Allocution aux femmes italiennes, 21
octobre 1919.
(7) Pie XII - cf. (1).
(8) Pie XII - Allocution à la Jeunesse féminine d'Action
Catholique, 22 mai 1941.
(9) Pie XII - 8 novembre 1957.
(10) Introduction à la vie dévote, IIIe Partie, Chap. 25.
(11) Don Sarda y Salvany - Le libéralisme est un péché
- chap. 31.
(12) Texte réédité par l'Association Saint-Jérôme (juin
2003). BP 11 - 33490 Saint-Macaire (France)
(13) On lira avec profit la plaquette La Modestie Chrétienne,
par Dom Bernard Maréchaux, osb (successeur
du Père Emmanuel).
Editeur : Les éditions du Sel
www.seldelaterre.fr
(14) Au sujet du voile à l'église, on peut ajouter : Le
voile est (...) un signe de féminité. Les grands moments
de la vie d'une femme se passent sous le
voile : il y a le voile du baptême, le voile de la petite
communiante, le voile de la mariée, le voile de la religieuse
et enfin le voile de la veuve. Le voile est donc
présent aux grands moments de la vie d'une femme,
parce que le voile exprime la mission de la femme qui
est une mission cachée, une mission qui est souvent
moins visible que celle de l'homme, mais qui n'est pas
pour autant superflue, bien au contraire. La Sainte
Vierge qui est le modèle de la femme chrétienne apparaît
toujours avec un voile sur la tête. Ce n'est donc
pas par hasard si le port du voile à l'église a disparu
précisément au moment des revendications féministes.
Il me semble important d'y réfléchir pour ne pas
être esclave de la mode, ni tomber naïvement dans
les pièges du démon. (Abbé Patrick Troadec. Extrait
de la Lettre aux Amis et Bienfaiteurs du Séminaire
saint Curé d'Ars, Flavigny, n°40, février 2000)
Annexe 1 : EXCEPTIONS EN FAVEUR DU PANTALON
Trois cas de figure
peuvent se présenter :
1) Le port d'un vêtement de travail
Dans certaines conditions où une activité professionnelle
se justifie, la femme doit se plier aux
règles en usage (uniforme).
2) Le port d'une tenue adaptée au sport
Une jeune fille peut être sportive, dit Pie XII.
C'est même une excellente manière de se préparer
à la maternité, fait remarquer Pierre Dufoyer
(cf. Le Mariage, le livre de la jeune-fille, p.
50).
Dans nos belles montagnes des Alpes, de nombreuses
activités sportives se présentent à nous.
Les aumôniers de camp de jeunes gardent la
soutane le plus souvent possible, y compris en
pratiquant le ski. C'est parfois une tenue ordinaire
de skieur (sans soutane), à l'occasion d'un
1er camp, pour ne pas risquer de ridiculiser l'habit
ecclésiastique par des chutes inopportunes.
Mais très vite, on peut skier suffisamment bien
pour garder la soutane (soutane légère, dite
''soutane de travail'', ou ''soutane de combat'',
remontée un peu tout de même), à la satisfaction
de tous.
Les dames et jeunes-filles devraient-elles pratiquer
le ski en jupe ? Sans doute que non.
Soit on pratique un sport avec une tenue adaptée,
soit on reste chez soi.
La tenue adaptée doit être modeste, certes,
mais sans être ridicule...
Le sport n'est pas une pénitence, une punition,
un mauvais moment qu'on s'inflige ou qu'on inflige
à autrui.
''Frère Âne'' doit être soumis par un peu d'ascétisme
(austérité, pénitence...) ; c'est bien nécessaire.
Mais offrons lui aussi des joies sensibles
(plaisirs) bien choisies, donc permises. N'oublions
pas l'adage : qui veut faire l'ange fait la
bête.
Il est donc légitime de se sentir bien dans son
vêtement de sport, et de se réjouir d'apporter au
corps (et indirectement à l'esprit) un certain bienêtre.
Note : un pèlerinage est l'occasion de prier, de
faire pénitence, de témoigner de sa foi (et de ses
bonnes moeurs) publiquement, en l'honneur de
Dieu et de ses saints. Ce n'est donc pas une
activité sportive.
3) Le port d'un vêtement discret, permettant
une bonne mobilité et la souplesse des mouvements
Le vêtement peut en effet s'avérer déterminant
dans un contexte de ''survie urbaine'' :
Un accident personnel (une chute, une chute
d'objet, une percussion par un véhicule, etc.).
Une catastrophe naturelle (inondation, intempéries,
séisme, etc.).
Une catastrophe accidentelle (incendie, explosion,
accidents de la circulation, etc.).
Une situation conflictuelle (agression, émeute,
etc.).
La violence urbaine est une réalité dont il faut de
plus en plus tenir compte.
Le nombre des violences sexuelles sur les femmes
a considérablement augmenté ces dernières
années.
Ces évènements imposent éventuellement le
port de vêtements adaptés dont les critères
sont : technicité, résistance, aisance, et discrétion
(low profile, disent les anglo-saxons).
Pourtant, est-il raisonnable qu'une jeune-fille
vive en permanence dans la crainte d'être agressée
lorsqu'elle se rend à la faculté ?
Poser la
question c'est y répondre.
Des mesures élémentaires de protection sont à
mettre en oeuvre pour éviter l'agression physique
: il y a des lieux à éviter et des heures où
l'on ne circule pas seul(e).
Note : + d'information dans le livre Protegor ;
Guide Pratique de Sécurité Personnelle Self-
Défense et Survie Urbaine, par Guillaume Morel
et Frédéric Bouammache (Editions Amphora).
www.ed-amphora.fr
et www.protegor.net
Deux psychologues
américaines, Barbara Fredrickson,
de l'université du Michigan et
Tomi-Ann Roberts, du Colorado College
ont sérieusement montré, à partir d'une
étude portant sur un panel de plusieurs
dizaines d'étudiantes, que la femme
réussit moins bien les tests intellectuels
lorsqu'elle est en tenue de bain minimale
(bikini) que lorsqu'elle est habillée
en tenue de ville. En revanche, en costume
cravate ou en maillot de bain,
l'homme conserve le même QI. Pourquoi
? Les femmes sont élevées dans
un environnement culturel qui, le plus
souvent, les incite à prendre soin de
leur corps. Quand elles se dévêtissent,
elles ne pensent plus qu'à leur apparence.
Plus encore, cette image est majoritairement
négative. Or les sentiments
négatifs inhibent l'intelligence. Le Figaro, 15 avril 1999
''Sa beauté dominait
notre force''
Dans ses mémoires, Hélie de Saint-Marc,
officier légionnaire, rapporte un souvenir
d'Algérie : À cet instant, une jeune fille
kabyle - elle avait peut-être dix-huit ou
dix-neuf ans - est passée sur la plage à
quelques mètres de nous, portant sur la
tête un panier rond et haut. Sa longue
jupe ondulait en battant ses mollets, elle
marchait pieds nus sur le sable. Sa peau
mate et la dureté de ses traits formaient
une harmonie parfaite avec la crique. Il y
avait chez cette femme une noblesse, un
port hautain, fier, qui imposaient le
respect. Sur son passage, devant une
compagnie de légionnaires au bain, pas
un rire, pas une exclamation, pas une
plaisanterie, je le jure. Sa beauté dominait
notre force et calmait notre inquiétude.
Plus encore que sa beauté, sa
noblesse.
Hélie de Saint-Marc, Mémoires. Les champs de
braise, Perrin, 1995, p. 188