« Que Notre Dame
de Guadalupe bénisse
l’école Saint-Georges
et tous ses enfants!»
Cette demande fut faite, le 22
juin dernier, en la fête de fin
d’année, par un officier du
navire-école de la marine
mexicaine. Comment en est-on
arrivé là ?
Parce que les enfants
de Saint-Georges, durant le troisième
trimestre, préparaient
un spectacle sur Notre Dame
de Guadalupe, patronne du
Mexique, il a paru providentiel
que le bateau-école (un
splendide trois-mâts : le
Cuauhtémoc) de la marine
mexicaine jette l’ancre à Bordeaux
pendant la dernière
semaine de classe.
Avec l’accord des autorités
du bateau, M. l’abbé
Kinney, Soeur Marie-Lucie et
les institutrices emmènent les
enfants visiter ce navire qui
fait le tour du
monde, assurant
la formation
des élèvesofficiers
et se
faisant l’ambassadeur
de son
pays dans les
ports où il s’arrête.
La Soeur
précise à l’officier de la coupée
que les enfants veulent
offrir un chant aux marins en
guise de remerciement pour
leur accueil et la visite. Le
commandant, prévenu, demande
que les enfants montent
à bord aussitôt, pour que
les 270 membres de l’équipage,
élèves et officiers, tous
réunis sur le pont, puissent
profiter du chant.
Les enfants entonnent
un cantique populaire mexicain
en l’honneur de la Sainte
Vierge : « La Guadalupana ». Quelle n’est pas la surprise
des élèves de l’école : les marins d’une voix sourde
chantent avec eux, certains
pleurent, tous applaudissent
quand la voix des enfants se
tait. Le photographe du bord
prend de nombreuses photos;
un lieutenant vient remercier
et dire combien,
pour ces hommes, partis 9
mois loin de leur pays, c’est
une forte émotion d’entendre
ce chant à la Vierge, si populaire
lors de la grande fête du
12 décembre, chanté pour
eux, par des petits enfants de
France.
La visite du bateau est
un merveilleux moment car
les deux élèves-officiers désignés
s’appliquent à révéler
aux enfants les mystères de la
navigation de ce grand voilier
qui sillonne les mers du globe.
Un officier découvre
pour eux deux grands cadres
fixés à la poupe du navire de
Notre Dame de Guadalupe, reine
des mers ; ajoutant que
son image est fixée aussi à la
proue à l’extrémité du mât
de beaupré. Il précise que
c’est Elle qui conduit le bateau
et protège les marins.
On connaît l’hospitalité et
l’affabilité des peuples latinoaméricains
: elle est au rendez-
vous tout au long de la
visite. Les enfants sont admis
aux cuisines, au carré, chez
les élèves du bord : à la fin
de la visite, tous veulent devenir
marins !
Soeur Marie-Lucie invite
nos hôtes à participer à la
fête de fin d’année, deux
jours plus tard à l’école St
Georges. Quatre d’entre eux
acceptent de bon coeur et se
rendent à l’école pour la plus grande joie des enfants.
Ils ont suivi la pièce, émaillée
de musiques mexicaines,
avec grand intérêt. L’un
d’eux affirmera, à la fin du
spectacle, qu’il n’avait jamais
entendu raconter ainsi l’histoire
de la Vierge adoptant le
peuple du Mexique.
La dernière
scène, quand tous les
enfants suivent en procession
la ‘tilma de Juan-Diego’ en
chantant la Guadalupana, est
pour eux, encore une fois, un
moment émouvant. Au passage
de la procession, ils se
lèvent spontanément et respectueusement,
et quand le
rideau tombe, ils s’écrient
« viva Mexico ». Ils offrent à
chaque enfant une affiche de
leur magnifique voilier.
A l’issue de la fête, les
institutrices les invitent dans
une famille. Ils posent des
questions sur les familles rencontrées,
sur l’école… l’un
d’eux demande à M. l’abbé
Duverger de bénir son alliance
et tous reçoivent avec dévotion
l’imposition de la Médaille Miraculeuse.
On a pu vérifier, à Bilbao,
deux mois plus tard, que
les marins n’ont oublié ni
Bordeaux ni l’école. Ils parlent
du Padre Pierre et de la
Médaille, de la jolie pièce à laquelle ils ont assisté. Sans
doute, La Vierge de Guadalupe
a-t-elle présidé à ces
liens tissés entre Bordeaux et
le Mexique.