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   Lettre aux Amis et bienfaiteurs du District de février 2008

Lettre de l'abbé Violette de février 2006
Lettres de l'abbé Arnaud Rostand archivées


Abbé Arnaud ROSTAND

Lettre de février 2008
La nécessité de la croix dans notre vie

 

Version française

Bien chers fidèles,

En ce temps de carême, je voudrais vous inviter à offrir au Bon Dieu avec une générosité renouvelée vos efforts et sacrifices, en particulier la pratique du jeûne et de l’abstinence. Il me semble qu’aujourd’hui, il est plus qu'opportun de rappeler, à temps et à contre temps, la nécessité de la croix dans notre vie. Nous avons naturellement une tendance à fuir la pénitence. Cependant il nous faut réveiller l’esprit de foi en nous, un esprit surnaturel. Nous croyons, en effet, que Notre Seigneur Jésus-Christ est venu nous sauver, nous savons qu'Il nous sauve par Sa croix, par Son sacrifice offert en expiation de nos péchés. « Crux fidelis », chanterons-nous Vendredi Saint, « Croix, signe de foi, entre tous, (…) par quoi le Rédempteur du monde en s’immolant fut vainqueur ». C’est notre foi, c’est notre certitude, c’est toute notre espérance.

Mais nous avons aussi appris de Notre Seigneur Jésus-Christ le devoir que nous avons de porter notre croix : « Si quelqu'un veut venir après moi, qu'il renonce à lui-même, qu'il se charge de sa croix, et qu'il me suive. » (Matthieu 16:24) mais encore : « Quiconque ne porte pas sa croix, et ne me suit pas, ne peut être mon disciple. » (Luc 14:27)

Notre Seigneur est venu nous enseigner l’esprit de la croix, l’acceptation des souffrances de cette vie, l’offrande volontaire de sacrifices, la fuite des occasions de péchés… comme moyens d’expiation de nos fautes, comme moyens de salut éternel. Depuis le péché originel, la nature humaine étant viciée, la mortification de nos sens est un devoir, nous ne pouvons pas suivre aveuglement nos passions, nos impulsions, nos sentiments. Il nous faut donc faire pénitence pour exprimer notre douleur des fautes commises, du péché originel ainsi que de nos fautes personnelles, et pour renforcer nos forces spirituelles, renouveler la santé de nos âmes.

Il est évident que cela s’oppose clairement à l’esprit du monde qui lui recherche au contraire la facilité et le confort, cherche à fuir toute forme de sacrifice, à satisfaire toutes les demandes des passions… comme moyens de vivre dans un illusoire et éphémère « bonheur » terrestre.

Il est opportun de rappeler le mystère de la croix, et par conséquence la nécessité de faire pénitence, car il devient de plus en plus difficile de l’accepter. Le monde le refuse absolument et l’a toujours refusé, il répugne à toute forme de mortification. La croix est et reste un scandale inacceptable. Nous pouvons tous faire le même constat, le monde avec ses habitudes de confort, de surconsommation, d'hédonisme rend le sacrifice et l’offrande de soi de plus en plus difficile.

Même dans l’Église catholique, en particulier depuis le concile Vatican II, il y a un relâchement sinon une disparition de la pratique pénitentielle. On ne parle plus de mortification de la chair. Les traditionnelles pratiques catholiques du jeûne et de l’abstinence lorsqu’elles ne sont pas dénigrées sont gardées sous silence.

Bien chers fidèles, tâchons de ne pas manquer à ce devoir de la vie chrétienne de pratiquer la pénitence, tout spécialement pendant le temps du carême.

Dans l’éducation de la jeunesse, il nous faut enseigner la valeur du sacrifice. Il est nécessaire d’apprendre aux enfants à offrir les petites difficultés de chaque jour, à offrir quelques sacrifices, à s’imposer quelques restrictions, à avoir un regard de Foi sur les déceptions et épreuves de leur vie. Nous nous plaignons souvent du manque de vocations, du besoin de prêtres et de vocations religieuses, mais la racine de ce manque de vocation se trouve précisément dans le refus de la croix, dans la disparition de l’esprit de sacrifice. Se consacrer à Dieu, offrir sa vie au service de Dieu, est par essence un sacrifice, la vocation ne peut se comprendre que par la méditation du mystère de la croix. Sans l’acceptation volontaire de la croix il n'y a pas de vie chrétienne profonde et par conséquent pas de vocation.

Je vous souhaite donc un saint carême, plein de grâces et de bénédictions.

 

Abbé Arnaud Rostand †, Supérieur du District du Canada

 

Version anglaise : The necessity of the cross in our lives

Dear faithful,

At this time of Lent, I would like to invite you to offer your efforts and sacrifices to the Good Lord with a revived generosity, and in particular with the practice of fasting and abstinence. It seems to me that today, it is more timely to recall to mind, in season and out of season, the necessity of the cross in our lives. We naturally have a tendency to shrink from doing penance. Nevertheless, we must awaken in ourselves the spirit of faith, a spirit which is supernatural. We believe, indeed, that Our Lord Jesus Christ has come to save us; we know that He saves us through His cross, through His sacrifice offered in expiation for our sins. “Crux fidelis”, we will sing on Good Friday, “Cross, sign of faith, among us, (…) through which the Redeemer of the world in immolating Himself was victorious.” This is our faith, this is our certitude, this is everything we hope in.

But we also have learned from Our Lord Jesus Christ of our obligation to carry our cross: “If any man will come after me, let him deny himself, and take up his cross, and follow me.” (Mt.16,24) but also: “Whosoever doth not carry his cross and come after me, cannot be my disciple.” (Lk.14,27)

Our Lord has come to teach us the spirit of the cross, the acceptance of the sufferings of this life, the voluntary offering of sacrifices, the fleeing from the occasions of sins… as ways to expiate our sins, as a means for eternal salvation. After the original sin, human nature being corrupted, the mortification of our senses is a duty. We cannot blindly follow our passions, our impulses, our feelings. We must therefore do penance to express our sorrow for sins committed, for original sin but also for our personal sins, and to increase our spiritual strength, to restore health to our souls.

It is obvious that this is clearly opposed to the spirit of the world which, on the contrary, seeks easiness and comfort, tries to flee any type of sacrifice, to satisfy all the demands of the passions… as the way of life in an illusory and short-lived worldly “happiness”.

It is opportune to recall the mystery of the cross, and consequently the necessity of doing penance, because this is becoming more and more difficult to accept. The world absolutely refuses it and has always refused it. It finds all types of mortification repugnant. The cross is and remains an unacceptable scandal. We can all say the same thing – the world with its habits of comfort, of consumption, of hedonism render the sacrifice and the offering of oneself more and more difficult.

Even in the Catholic Church, particularly since the Second Vatican Council, there is a relaxing, if not a disappearance, of penitential practice. The mortification of the flesh is no longer spoken of. When the traditional Catholic practices of fast and abstinence are not defamed, they are passed over in silence.

My dear faithful, let us endeavor to not fail in the duty of our Christian life to practice penance, especially during the time of Lent.

In educating the youth, we must teach the value of sacrifice. It is necessary for the children to learn to offer the little difficulties of each day, to do some sacrifices, to impose upon themselves some restrictions, to see with the eyes of Faith the deceptions and trials of their life. We often complain of the lack of vocations, of the need of priests and of religious, but the origin of this lack of vocations is found precisely in the refusal of the cross, in the disappearance of the spirit of sacrifice. To consecrate oneself to God, to offer one’s life for the service of God, is by its very nature a sacrifice. The vocation can only be understood through meditation on the mystery of the cross. Without the voluntary acceptance of the cross there is not a profound Christian life and consequently no vocation.

Thus, I wish for you a holy Lent, filled with graces and blessings.

 

Father Arnaud Rostand †, District Superior of Canada

 

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