Le communisme est un système mutant. Il sait s'adapter aux situations
pour mieux se diffuser. En Amérique du Sud, l'Eglise jouit
partout d'une totale liberté et pourtant jamais comme aujourd'hui la
religion catholique, ses principes et sa morale n'ont été autant en péril.
Ni le marxisme moteur de la guérilla dans de nombreux pays latino
américains ni la théologie de la libération, son relais, ne sont parvenus
à imposer le communisme. C'est la social-démocratie, mutation du
communisme, qui est en passe de réussir là où les fils de Marx ont
échoué.
En effet, aujourd'hui tous les pays d'Amérique du Sud, la
Colombie exceptée, sont gouvernés par d'anciens marxistes souvent
issus des milieux de la guérilla d'hier. Les effets sont dévastateurs!
Au
Chili, le divorce vient d'être voté, tandis que le débat sur le droit à
l'avortement surgit dans la quasi totalité des pays. L'évêque aux
Armées d'Argentine, Mgr Baseotto, pour avoir condamné l'avortement
avec courage en rappelant au ministre argentin de la santé ces paroles
du Christ que «ceux qui scandalisent les petits enfants méritent d'être
jetés dans un lac avec une meule autour du cou» (Mat XVIII, 6), a été
déposé de sa charge par le président de la république lui-même!!!. fait
unique dans les annales locales.
L'Europe décadente en général et
l'Espagne en particulier mère patrie de ces pays, offrent un exemple
déplorable et portent une lourde responsabilité dans la situation que
nous vivons ici.
n face de ce chaos, la Fraternité Saint Pie X tente de rappeler l'enseignement
multiséculaire de l'Eglise, mais elle est bien seule.
L'Eglise conciliaire fait entendre sa voix de temps à autre, mais comme le
ferait un parti de gauche. elle dénonce la pauvreté, demande la répartition
des richesses, fait campagne pour l'écologie etc. mais les discours
enseignant les vérités éternelles ou appelant à la conversion sont quasi
inexistants. C'est un grave manquement car la population très religieuse
y serait sensible et reviendrait vers Dieu. Dans ce contexte, nos 9
prieurés sont de petits esquifs qui tentent non seulement de résister dans
la tempête, mais encore de sauver de la noyade ceux qui veulent santificier
en s'accrochant à la Tradition.
ependant sans un minimum de moyens nous ne pouvons pas grandchose.
Ô combien vous avez été nombreux à répondre avec charité
à notre première lettre! Les photos que vous voyez[1] témoignent de ce
que nous avons pu réaliser grâce à vous. Je vous en exprime toute ma gratitude.
Mais l'apostolat continue. et nous sommes toujours pauvres
comme Job! Avec beaucoup de générosité, la Maison Généralice de la
FSSPX, nous aide à vivre mais elle doit aussi répondre aux difficultés
matérielles d'autres pays de mission. Alors, plus que jamais nous avons
besoin de vous.
ette année, devant le chaos de l'enseignement dispensé dans les
écoles catholiques et sur l'insistance de nombreux parents nous
allons ouvrir, s'il plait à Dieu, deux écoles en Argentine. Une à Mendoza
et l'autre à Alta Gracia, à côté des religieuses dominicaines. Les écoles
déjà ouvertes voient leurs effectifs croître sensiblement. 70 élèves fréquentent
l'école de La Reja qui a déjà 7 ans. Celle de notre mission en
République Dominicaine accueille depuis la rentrée de septembre 105
enfants. Soit une augmentation de 30 élèves par rapport à l'an dernier,
tandis que les premières vocations commencent à arriver au séminaire de
La Reja. Le représentant du gouvernement de la région nous a confié son fils ce qui est pour nous un label de qualité et une belle publicité pour
notre oeuvre.
Il nous faut en conséquence agrandir pour accueillir les
nouveaux. Quelques bienfaiteurs des Etats-Unis nous ont soutenu de
manière admirable. Les efforts de nos 3 missionnaires sont ainsi bien
récompensés. Nos écoles de Colombie et du Chili survivent par miracle
car le District doit porter toutes ces oeuvres à bout de bras! Les parents
qui nous confient leurs enfants ont des familles nombreuses et sont très
pauvres. Nous sommes quant à nous totalement démunis pour faire face
aux dépenses journalières. Si vous le souhaitez, vous pouvez nous aider
de façon particulière en parrainant un de nos petits élèves qui vous donnera
de ses nouvelles de temps à autre.
es prieurés du district ont aussi de grandes difficultés, car pratiquement
aucun d'entre eux ne peut subvenir à ses besoins quotidiens.
Je m'efforce alors de leur envoyer une aide mensuelle. Sans vous,
chers amis je serais totalement impuissant pour accomplir ce devoir qui
m'incombe. Enfin le District d'Amérique latine est tellement immense
que je dois utiliser l'avion pour visiter chacun des prêtres. J'attache, en
effet, une grande importance à ces visites qui me permettent d'aider et
d'encourager mes méritants confrères parfois bien seuls. Sans ces
contacts directs sur le terrain, je n'aurais qu'une vision artificielle de
leur apostolat et de leurs besoins. C'est pour cela que je m'efforce de
visiter chaque prieuré environ deux fois par an. Mais, ces dernières
semaines j'ai dû suspendre ces voyages car les tiroirs de mon économe
sont désespérément vides. Pour vous donner un exemple, un billet
d'avion pour la République Dominicaine revient à plus de 800 euros.
soit près de 8% du budget mensuel de tout le district.
lors, je viens tout d'abord une nouvelle fois vous supplier de continuer
à nous faire l'aumône de vos prières elles nous sont vitales,
mais aussi, si vous le pouvez, de continuer à nous aider financièrement.
Votre charité est notre survie. C'est grâce à l'Europe que l'Evangile est
entré hier en Amérique du Sud, c'est encore grâce à son aide aujourd'hui
que la Tradition catholique peut se maintenir et s'étendre.
Aussi, c'est déjà l'âme pleine de gratitude que je demande à Notre
Dame de Guadalupe, patronne des Amériques, de vous accorder en
récompense d'abondantes grâces.
Que Dieu vous garde! Et soyez assurés,
chers amis et bienfaiteurs, des prières reconnaissantes de tous les
prêtres du District d'Amérique du Sud dans les Coeurs de Jésus et de
Marie.
Padre Christian Bouchacourt † Supérieur du District d'Amérique du Sud
[1] Voir les textes et les photos des "Echos de Patagonie"