Lors de mes voyages annuels en France j'entends souvent laréflexion suivante: «Vous avez de la chance là-bas en Amérique du Sud : il y a encore la foi et de nombreuses vocations,ce n'est pas comme en France».
Hier, c'était vrai, mais ce temps est terminé! En effet, les statistiques les plus récentes révèlent que chaque jour, entre 6 000 et 8 000 personnes quittent l'Eglise catholique en Amérique latine. Chaque année, 1% des catholiques brésiliens abandonnent la foi de leur baptême pour partir dans les sectes!
A cela il faut ajouter la pression incroyable exercée par tous les gouvernements d'Amérique du Sud pour imposer la légalisation du crime de l'avortement. En Argentine, à partir de 2007, l'éducation sexuelle devra être obligatoirement enseignée dans toutes les écoles, dès l'âge de 5 ans. Dans l'ensemble des pays d'Amériquedu Sud une propagande inouïe est menée en faveur des moyens contraceptifs, beaucoup sont gratuits, tandis qu'en République Dominicaine, dans les régions les plus pauvres, les femmes sont stérilisées systématiquement dès qu'elles ont eu leur quatrième enfant!
ace à ce désastre, l'Eglise conciliaire reste désespérément silencieuse. Certes parfois, il arrive qu'un évêque rappelle courageusement la foi et la morale catholique, mais l'inertie des autres réduit à néant ses efforts. On constate un immense gâchis.
La foi catholique est en recul partout. Seul subsiste un sentiment religieux très fort qui précipite ces gens déçus du catholicisme conciliaire vers les sectes, tandis que la jeunesse, sans aucun repère, sombrdans l'immoralité. La réponse à ce désarroi et le rempart à cdésastre se trouvent dans la Tradition catholique intégrale et nullpart ailleurs. La religion catholique a apporté la paix et la prospérité à ces régions, c'est elle encore qui sauvera ces populations.
'apostolat que nous nous efforçons de mener en Amérique du Sud, nous prêtres de la FSSPX est celui des missionnaires qui nous ont précédés.
Nos armes sont celles qu'hier les jésuites, les capucins, les dominicains et les salésiens utilisèrent avec succès pour porter l'Evangile; à savoir, la messe et les sacrements traditionnels, le catéchisme, la prédication de la doctrine, la pénitence, la prière, leRosaire et notre foi invincible en Jésus-Christ et sa sainte Mère.
Mais cet apostolat serait impossible sans votre aide si généreuse.Les photos de ce bulletin vous montrent ce que nous avons pu réaliser grâce à votre charité tout au long de cette année. Vous avez été nombreux à parrainer plusieurs de nos élèves, vous nous avez donné les moyens de construire nos écoles et de soutenir les prêtres dans leur apostolat. Pour tout cela nous vous disons un immense «merci»!
Nos efforts depuis 3 ans portent sur les écoles, tant le système scolaire officiel est périlleux pour l'âme des enfants. En effet, avec un an de retard et des difficultés sans nombre, en mars prochain ouvrira l'école saint Dominique Savio à Mendoza (Argentine). 40 élèves franchiront pour la première fois le porche de l'école. Le collège del Niño Jesus à La Reja (Argentine) a reçu cette année 90 élèves soit une vingtaine de plus que l'an dernier, tandis que le déficit financier ne cesse de se creuser. A Alta Gracia (Argentine), à côté de l'école des dominicaines, l'Institut secondaire Padre Pio inauguré cette année est fréquenté par 6 élèves. Cette petite fondation manque de tout. La majorité des professeurs travaillent «ad honorem» car nous n'avons pas les moyens de les salarier. L'école de notre mission en République Dominicaine vient de franchir la barre des 135 élèves.Mais là encore l'économie déplorable du pays fait que sans une aide extérieure elle ne pourrait subsister. Cette dernière, montrée en exemple, est visitée par les autorités scolaires du pays! A la rentrée de mars, l'école del Niño Jesus de Viña del Mar (Chili) dépassera pour la première fois le nombre de 30 élèves. Là encore les soucis financiers surabondent.
l y a aussi l'apostolat missionnaire. A Sao Paolo au Brésil, nous avons fait l'acquisition d'un bâtiment grâce à l'aide de la Maison Générale. Il faut maintenant le transformer de fond en comble pour y aménager une chapelle de 120 places, des salles de catéchisme et des logements pour les prêtres. A Bogota, en raison d'un défaut de construction, le toit de notre petite église est sur le point de s'effondrer. Il a déjà baissé de 20 centimètres. tandis que les parois s'écartent l'une de l'autre. Il faut renforcer le tout avant qu'il ne soit trop tard. En Argentine, à Cordoba, c'est tout un prieuré qu'il faut construire. En effet nous avons dû vendre celui que nous possédions, trop excentré de notre champ d'apostolat, afin de diminuer les voyages trop coûteux et favoriser la vie en communauté des prêtres au terme de leurs tournées apostoliques.
ette année, quatre nouveaux prêtres seront ordonnés au séminaire de La Reja. Trois resteront dans le district. Ils sont attendus avec l'impatience que vous imaginez! Ils viendront renforcer lesprieurés et les écoles déjà existants.
Alors, pour soutenir et développer ces ouvres, comme un mendiant, une fois encore, chers amis et bienfaiteurs, j'ose vous demander l'aumône de vos prières et de votre générosité. Je puisvous assurer qu'à la messe quotidienne, je demande au Bon Dieu de récompenser votre charité si fidèle. Que Notre Dame de Guadalupe, Reine des Amériques, vous prenne tous sous sa maternelle protection. Les prêtres du district se joignent à moi pour vous exprimer notre immense gratitude et vous assurer de nos prières reconnaissantes.
Padre Christian Bouchacourt † Supérieur du District d'Amérique du Sud
[1] Voir les textes et les photos des "Echos de Patagonie"