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Samedi 11 février 2012
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   République Dominicaine : nos soeurs s’installent

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République Dominicaine : nos soeurs s’installent

Depuis plus de vingt ans, les Soeurs de la Fraternité Saint-Pie X sont implantées en Argentine : au séminaire de la Reja d’abord, puis à Pilar, où se trouve le noviciat de langue espagnole. Mais voici que le supérieur du district d’Amérique du Sud, M. l’abbé Bouchacourt, propose à notre supérieure générale de visiter la mission de la Fraternité en république Dominicaine, et peut-être d’y ouvrir une nouvelle maison…

Cette proposition, lorsqu’elle nous a été faite, a suscité bien des interrogations… La première question que nous nous sommes posée : où se situe, au juste, la république Dominicaine ?

Elle est nichée en plein centre des Antilles. C’est Christophe Colomb qui a découvert l’île en 1492, lors de son premier voyage, et l’a baptisée Hispaniola. Le traité de Ryswick, en 1697, partage l’île (qu’on appelle alors Saint-Domingue) entre la France et l’Espagne, partition qui subsistera d’une certaine façon jusqu’à nos jours ; en effet, l’île Hispaniola (qui est, en taille, la deuxième des Antilles après Cuba) comprend deux États : la République d’Haïti, de langue française, et la république Dominicaine, de langue espagnole, et indépendante depuis 1844. La république Dominicaine occupe la partie orientale de l’île et représente à elle seule une superficie un peu supérieure à celle de la Suisse. Sa principale richesse est la culture de la canne à sucre et du cacao.

Ancienne colonie espagnole, le pays, officiellement, est catholique à 95 %. Mais, avec la tourmente conciliaire, les sectes protestantes commencent à s’implanter, profitant du manque d’instruction de la population (qui descend pour une part des anciens Indiens caraïbes et Taïnos, ensuite des Espagnols, et pour la majeure partie des anciens esclaves noirs). Cependant, c’est ici que fut construite la première cathédrale du Nouveau Monde. La capitale, Santo Domingo, Saint- Domingue en français, a été fondée en 1496 en la fête de saint Dominique. Beaucoup de noms de lieu rappellent le passé catholique de l’île.

 

Un prêtre rejeté pour sa fidélité

Depuis quand la Fraternité y est-elle implantée ? peut-on se demander. C’est en 1996 que s’ouvre le prieuré du Sacré-Coeur. Mais la Tradition a des racines beaucoup plus anciennes… Tout commence en fait avec le père Rodrigo Mac Neil, un missionnaire d’origine canadienne envoyé dans un repli perdu des montagnes de la Gina, auprès de petits cultivateurs de café et de cacao ; certains le disent « très conservateur » et, de fait, les nouveautés conciliaires répugnent à son sens de la foi ; il obtient de pouvoir rester fidèle à la messe traditionnelle.

Un pieux laïc, M. Émilio Batista, analyse avec lui les textes conciliaires et les critiques qu’en fait la Tradition. Cet homme, aujourd’hui décédé, aura été à Hispaniola un fidèle pilier de la foi, surtout lorsqu’auront commencé les difficultés. Car elles commencent le jour où le père Rodrigo se rend en Argentine pour rencontrer Mgr Lefebvre au séminaire de La Reja ; il en revient convaincu de la justesse des positions de l’archevêque et commence à les diffuser. La réaction épiscopale ne tarde pas : en 1986, le père Rodrigo est muté au sud de l’île, avec interdiction de garder contact avec son ancienne paroisse. De 1986 à 1996, les anciens fidèles du père Rodrigo vont tenir bon sans le soutien des prêtres, sinon quelques visites de M. l’abbé Ortiz, membre de la Fraternité. M. Batista et les dames de la Confrérie du Sacré-Coeur jouent alors un rôle important dans la résistance. Les fidèles mettent sept ans à construire une vaste église de trois cents à quatre cent places, ainsi qu’un prieuré. Pendant ce temps, une vocation issue de cette mission est formée au séminaire de La Reja : il s’agit de M. l’abbé Porfirio Martinez, actuel prieur de la mission. L’ouverture du prieuré de la Fraternité est suivie, en 2002, de l’ouverture d’une école, qui s’occupe aujourd’hui d’environ cent soixante élèves.

 

« Ni messe nouvelle ni télévision»

Fin 2007, deux Soeurs de la Fraternité vont visiter la mission… et en reviennent enthousiastes ! Le père Rodrigo avait laissé cette recommandation en quittant sa paroisse : « pas de messe nouvelle et pas de télévision. » Et de fait, il n’y a en général ni électricité, ni télévision chez les fidèles… mais beaucoup de simplicité et de bon esprit. Quant à l’apostolat que les soeurs peuvent faire, il s’annonce aussi vaste que passionnant.

Le temps d’acheter une petite maison voisine du prieuré et d’y entreprendre les agrandissements et aménagements nécessaires (ce qui représente un gros effort pour la mission qui n’a pratiquement pas de moyens financiers), et voilà que cinq soeurs de la Fraternité se retrouvent, le 5 juin 2009, à l’aéroport international de Saint-Domingue ; cinq, c’est-à-dire les trois soeurs de la communauté qui est en train de naître (une quatrième arrivera en juillet), et les deux assistantes générales de la Congrégation qui viennent soutenir la nouvelle fondation. Le « quatre-quatre » de la mission, conduit par M. l’abbé Blanco, longe d’abord la mer et les cocotiers avant de s’enfoncer dans la montagne par une piste en terre ; pas moyen de se tromper de route : il n’y en a qu’une !

 

Fleurs et cyclones

La surprise ménagée par les fidèles pour accueillir les soeurs est parfaitement réussie et chaleureuse : après les chants et compliments présentés par les enfants de l’école, les jeunes filles et les dames de la compagnie du Sacré-Coeur, chaque soeur reçoit son bouquet de fleurs. Les religieuses gagnent la place qui sera désormais la leur dans l’église, au premier rang de la nef, à droite, et c’est la première messe en terre dominicaine, suivie du Magnificat d’action de grâce.

Passant sous un arc de fleurs (nouvelle surprise), les soeurs peuvent découvrir leur nouvelle maison pour le dîner ; le couvert a été mis joliment, mais tout, table et chaises, a été prêté par des fidèles car, si les chambres ont le mobilier indispensable, le reste de la maison est encore complètement vide. Les enfants, curieux, aimeraient bien entrer aussi… mais il faut prendre tout de suite de bonnes habitudes et respecter la clôture religieuse.

Les soeurs commencent à peine à prendre leur repos, après une longue journée de vingt-deux heures (décalage horaire oblige), lorsqu’une pluie torrentielle se met à tomber, vraiment impressionnante : nous sommes sous les tropiques et c’est la saison des cyclones. Certaines religieuses l’interprètent comme le mécontentement du démon, d’autres comme une image de l’abondance avec laquelle le Saint-Esprit enverra ses grâces ! Quelques jours suffiront pour se convaincre qu’il ne faut pas quitter la maison sans parapluie en cette saison, les averses tropicales étant aussi violentes qu’imprévues.

 

Mangues et araignées

Le lendemain, on vide les valises et on s’installe, sans placards ni mobilier, mais avec ingéniosité : ce coupon de tissu prévu pour faire des foulards pour les filles de l’école servira momentanément de rideau, ces pinces à linge remplaceront la tringle, cette nappe servira ici de porte, etc. L’on fait une première connaissance de la végétation et de la faune tropicales : des fidèles ont généreusement offert un grand sac de mangues délicieuses ; l’ananas n’a pas du tout le goût de celui qu’on trouve dans les boîtes de conserve européennes. La faune est un peu moins sympathique : profitant de l’absence de moustiquaires, des guêpes ont commencé à construire un nid… dans la taie d’oreiller d’une des soeurs… et les araignées sont de taille impressionnante !

Le dimanche 7 juin, après la grand'messe, a lieu la bénédiction de la clôture. Les fidèles ont le contact facile et viennent spontanément se présenter ; un gros effort de mémoire commence, car leur nombre se porte à environ sept cents.

Petit à petit, l’apostolat s’organise. Pour l’instant, les soeurs débuteront par le culte divin et l’école. Le culte divin, c’est-à-dire le soin de la sacristie, des ornements et du linge d’autel ainsi que la tenue de l’orgue et le chant liturgique. Quant à l’école, elles commenceront par l’enseignement du catéchisme et du chant dans toutes les classes.

Voici planté un nouveau grain de sénevé qui ne demande qu’à se développer.

Par les Soeurs de la Fraternité Saint-Pie X

Extrait de Fideliter n° 192 de novembre-décembre 2009

 

Pour aider la mission :

Soeurs de la Fraternité Saint-Pie X Abbaye Saint-Michel
7 Allée du Château
36 290 Saint-Michel-en-Brenne.

Préciser : « Pour la mission en République Dominicaine ».

 

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