Malgré le petit nombre d'ordinations,
on a pu constater que les prêtres, les religieux et les fidèles se réunissent toujours plus ou moins nombreux sur cet historique pré d'Ecône. C'est d'ici que les nouveaux prêtres remontent la pente, rempli du désir de se mettre à disposition de l'Eglise pour lui faire remonter à elle sa propre pente !
Cette année, vu la proximité du Chapitre, bien des anciens et des supérieurs de pays lointains rehaussent l'éclat de la cérémonie. Dans son magistral sermon, S.E. Monseigneur Tissier de Mallerais pourfend dans sa première
partie les erreurs d'un certain "théologien de Tübingen" et il magnifiera
le combat du prêtre aujourd'hui dans sa seconde période. Ecône le 29 juin, c'est donc toute une vie faite de retrouvailles d'anciens confrères et d'anciennes ouailles, d'échanges de bonnes et mauvaises nouvelles, où on entend de bonnes plaisanteries et tout de suite après de graves soucis. Enfin le soir, tard, on se couche heureux d'appartenir à une si belle famille.
1er juillet 2006
Une année un peu bizarre, puisque nous devons
sortir de Suisse pour assister à l'ordination de nos deux Suisses. C'est en effet à Zaitzkofen, qu'après un sympathique voyage en compagnie de Mgr de Galarreta
et de l'abbé Niklaus Pfluger, nous retrouvons nos deux compatriotes les abbés Christoph Pfluger et Pirmin Sutter tout absorbés en Dieu à l'orée de cette nouvelle vie.
Et c'est dans le cadre très priant et frais (!) de la clairière du séminaire que nos deux lévites vont recevoir de S.E. Monseigneur de Galarreta l'ordre sacerdotal. Un bénédictin
portant les insignes
de "monsignore" se tenait dans le choeur et évidemment lorsqu'on ne connaît pas, cela aiguise un peu la curiosité.
De fait, c'est un religieux tchèque, père abbé de son monastère.
La conversation étant plutôt difficile puisqu'il ne possède pas l'allemand, le seul prêtre qui pu converser avec lui fut un missionnaire âgé, n'ayant jamais mis les pieds en Tchéquie, mais qui cependant en possède les rudiments de la langue. qui cela peut-il être ? Personne
si ce n'est le Père Egli ! Vraiment il nous étonnera toujours !
Lors du voyage de retour, nous faisons une halte sur les hauts de Wil, où est fêté un heureux jubilaire. L'abbé Thomas Bernhard souffle avec son ardeur habituelle sur le gâteau qui célèbre ses 25 ans de sacerdoce, mais pour le discours il faudra que nous patientions jusqu'au jubilé. Ces cérémonies et ces fêtes nous prédisposent pour le Chapitre qui vient, car c'est la vie de cette jeune et ardente Fraternité qui nous montre que la voie est bien tracée.
Du 3 au 15 juillet 2006 : Chapitre Général
Les bombances ayant pris fin, 6 jours de retraite prêchés par le bon Père Antoine
des capucins de Morgon finissent de peaufiner nos esprits et nos âmes pour écouter les suggestions du Saint-Esprit. Et voilà que nous retrouvons tous les capitulants dans l'ancienne chapelle du séminaire, devenue salle saint-Théodule. Il fait bien chaud, surtout que les fenêtres sont fermées pour empêcher les indiscrétions. C'est dans cette atmosphère empesée que le Saint-Esprit doit souffler pour donner ses lumières. et vous connaissez les résultats.
Deux Suisses sortent pour les deux premières places. Quant même étonnant pour cette société internationale recouvrant
le monde, que deux Suisses ne voulant pas entrer dans l'ONU, ni dans l'OTAN, ni dans l'Europe ou autre chose semblable, se retrouvent dirigeants d'une sorte de grande multinationale. On voit bien par là que le pays rend protectionniste et que l'Eglise, elle, rend missionnaire, et donc universel. Suite à cela le Chapitre va se pencher sur de nombreuses
questions touchant tant la vie de la Fraternité que des problèmes canoniques, moraux, ecclésiastiques, théologiques, etc. Beaucoup de travail qui rapportera, nous l'espérons, de nombreux et féconds résultats.
16 juillet 2006
La foule des grands jours rejoint
la salle proche de notre église d'Oensingen, où trois ans auparavant un jeune séminariste qui avait servi comme cérémoniaire pour la Primiz (Première Messe) de son frère se retrouve
aujourd'hui célébrant sa propre
Primiz dans son village.
Comme l'a souligné Mgr Fellay, il ne manque plus qu'une tête mitrée dans la famille Pfluger pour pouvoir organiser une pflugerienne Messe pontificale. Mais notre abbé Christoph va devoir retourner
au pays des kangourous pour enseigner au séminaire d'Holy Cross, aussi savoure-t-il ces instants au milieu
de sa famille, de ses amis, de son pays.
Fraîchement élu premier Assistant
de la Fraternité, l'abbé Niklaus Pfluger donne son premier discours, suivi de l'abbé Schmidberger dont la percutante mémoire a noté que 31 ans auparavant jour pour jour, en la fête du Mont-Carmel, Mgr Lefebvre s'était rendu d'Ecône à Weissbad pour y établir un séminaire de langue allemande.
Enfin Mgr Fellay dans son mot, lance publiquement son souhait du million de chapelets pour le Saint-Père. Tout cela dans une ambiance folklorique, c'est cela la Suisse !
17 juillet au 5 août 2006
Toute une ribambelle d'enfants et une joyeuse poignée d'adolescents se retrouvent à la Pierre du Moëllé pour passer ensemble trois semaines
de camp. L'endroit est superbe, à 1 600 m dans ce mois de juillet brûlant, c'est magnifique de respirer la fraîcheur des Alpes. Au milieu des sommets, avec des falaises d'escalade, de belles forêts, un lac à température idéale, un beau temps à faire pâlir la Côte d'Azur, je crois que notre jeunesse
s'est joyeusement régalée.
Saint Joseph, le Patron du camp des enfants s'était allié pour la deuxième fois avec saint Bernard de Menthon, le Protecteur
du camp des adolescents ; cela ne pouvait qu'être une réussite. Seul un jour s'est révélé particulièrement
maussade, on en a profité pour aller visiter le dédale des salines de Bex. Saint Bernard est également actif sous terre, on n'en a perdu aucun !
Sinon j'ai pu constater qu'il faut plusieurs jours à chaque fois, pour faire prendre conscience à nos jeunes de la beauté de cette nature alpestre. Cela me fait penser à cette masse de touristes au sommet du Pilatus,
qui passait à une trentaine de mètres de 4 jeunes bouquetins sans les remarquer le moins du monde, mais ils avaient tous photographié le train à crémaillère. Tant mieux pour les bouquetins, mais. Il y a une relation
à réaliser, sinon les musiques, les modes, l'argot, enfin tout ce qui vient de la morne plaine tente de garder sa place. Pour ma part, je ne pense plus organiser un tel camp pour les ados, mais après avoir vu leur joie de vivre quelques jours dans un chalet d'alpage, il me semble qu'on peut faire plus simple mais mieux, fondamentalement mieux.
1er août 2006
Le chapitre romand du pèlerinage de Bourguillon n'a jamais été si important, la présence du camp explique certainement
cela, puisque même des parents sont venus accompagner. leurs enfants. Mais nous n'avons pu cette année, bénéficier
de l'église de Sankt Sylvester, car à ce qu'il paraît, l'année dernière, nous avons pu célébrer le Saint Sacrifice, grâce à un malentendu entre le vicaire général et le curé du lieu.
Aussi nous nous sommes de nouveau retrouvés dans la petite clairière sans toit. Mais après un début humide et menaçant le ciel se fit plus clément. A Bourguillon, nous n'avons pas hésité à entrer dans le sanctuaire, sans demander avis à personne. C'est malheureux, mais c'est encore ce qui marche le mieux !
12 et 13 août 2006
Lancement de la semaine mariale
à Enney et soirée d'adieux pour l'abbé Huwyler, qui quitte le prieuré de la verdure pour le prieuré de Littau,
d'où il desservira la chapelle de Goldau.
26 et 27 août 2006
La météo annonce un vilain temps pour la journée, et pourtant c'est seulement pour les 15 dernières minutes du pèlerinage qu'une pluie fine vient gentiment nous rafraîchir.
Depuis que le trajet Stans-Flüeli est devenu Sachseln-Flüeli-Sarnen, un nombre toujours plus conséquent de fidèles tient à participer à la prière envers notre Saint Patron national.
La nuit est longue mais ô combien profonde
(pas de sommeil) avec la prière de saint Nicolas de Flüe. A l'imitation d'ailleurs de saint Bernard de Clairvaux,
qui enseigne 10 positions pour la prière nocturne, saint Nicolas a prévu quelques positions comme les bras écartés ou croisés, debout ou assis afin de recevoir un plus grand profit de la prière. C'est efficace, on y lutte contre le sommeil, on y fait un peu pénitence, et surtout on y domine le respect humain.
Le dimanche, pour la Messe solennelle, M. l'abbé Niklaus Pfluger rappelle dans un sermon magistral les devoirs qu'a le chrétien de vivre fièrement sa religion. Catholique
? Oui et fier de l'être !
Henri Wuilloud †
Chronique extraite du Rocher numéro 43 - Bulletin du District de Suisse
Supérieur : Abbé Henri WUILLOUD
Prieuré Saint-Nicolas-de-Flüe
Solothurnerstrasse
4613 Rickenbach. SO
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