Parmi les nombreuses invocations de la Très Sainte Vierge Marie, une nous
doit être particulièrement chère : Notre-Dame, Gardienne de la Foi.
N'est-ce pas
le titre d'honneur que la Mère de Dieu porte au sanctuaire de Bourguillon près de
la ville de Fribourg en Suisse ?
Le grand docteur de l'Eglise, saint Pierre Canisius,
pèlerin assidu de la chapelle, rendait en 1581 ce
témoignage à Notre-Dame de Bourguillon :
« Dieu
veut que sa Mère soit honorée en ce lieu avec
grande dévotion, et l'efficacité de son intercession,
déjà si bien prouvée jusqu'ici, d'autres l'expérimenteront
encore. »
Quatre siècles plus tard, nous
trouvons le fondateur de la Fraternité Saint Pie X au
pied de Notre-Dame de Bourguillon, conférant
sous le regard de la Madone et de son Enfant les
premières tonsures et les premiers ordres
mineurs.
Arrêtons-nous à cette ville de Fribourg et
son illustre sanctuaire auquel est lié toute
une histoire de combat pour la vraie foi.
Vos soeurs oblates de Salvan
Notre-Dame de Bourguillon, Gardienne de la Foi
uel est le principal bienfait pour les personnes, pour les familles et un pays ? C'est certainement la vraie foi catholique. Voici une intervention de la Sainte Vierge Marie en faveur du maintien de la vraie foi.
Sur la hauteur qui domine la ville de Fribourg
du côté Est, on rencontre une jolie chapelle,
appelée Notre-Dame de Bourguillon. A quelque
heure qu'on y entre, on trouve des fidèles en
prière. Au Moyen Age, cet endroit était occupé
par une léproserie. La chapelle était celle des
lépreux. L'un de ceux-ci avait sculpté dans un
bloc de chêne une statue de la Mère de Dieu
portant l'Enfant-Jésus dans ses bras. La Sainte
Vierge a été invoquée par les lépreux et elle leur
a répondu, elle les a consolés, elle en a guéris.
Celle qui dans la suite des âges devait opérer à
Bourguillon tant de guérisons, ne devait-elle pas,
à son titre de Salut des infirmes d'en accorder les
prémices aux plus malheureux ?
Mais le titre d'honneur « Gardienne de la Foi » de Notre-Dame de Bourguillon
rappelle un fait plus récent. C'était au XVIe siècle. Le protestantisme venait de
passer de l'Allemagne en Suisse et y faisait de rapides ravages. Les cantons
primitifs demeurèrent fidèles à la foi antique, mais presque tous les autres
passèrent à la Réforme. Le canton de Fribourg était resté catholique. Le danger
cependant était grand qu'il suivit l'exemple des autres qui l'encerclaient de toutes
parts. Le cercle se resserrait de plus en plus. Par ailleurs, la pratique religieuse des
Fribourgeois se ressentait fort de la tiédeur de l'époque. Dans la ville de Fribourg,
c'est à peine si une vingtaine de catholiques s'acquittaient de leur devoir pascal.
Les magistrats, qui tenaient à la foi de leurs ancêtres, prirent peur. Que
faire ?. Ils avaient gardé leur confiance en Marie. Ils firent le voeu que les
habitants de Fribourg iraient, durant la bonne saison, tous les quinze jours, en
procession, au sanctuaire de Notre-Dame de Bourguillon. La bonne Vierge
entendit leurs supplications : le protestantisme
s'arrêta aux frontières du Canton. En 1528, le
péril se faisant plus pressant, le Petit Conseil
décida que les hommes se rendraient en
procession à Bourguillon, et là, aux pieds de
Notre Dame, ils prononcèrent le serment
solennel de fidélité à la foi catholique. Et le
résultat ? La Sainte Vierge répondit aux prières
ferventes de ses enfants. Elle inspira aux
gouvernants de ne jamais permettre qu'on passât
à la Réforme.
Si la grande bataille entre le catholicisme et
le protestantisme à Fribourg était terminée, il
s'en fallait de beaucoup que l'état religieux et moral y fut parfait. Le vrai critère de la piété est la
fréquentation des sacrements. A cet égard, il paraît
constaté que la ferveur laissait beaucoup à désirer,
même les communions pascales étaient rares. En
1580, la Sainte Vierge envoya à Fribourg son plus
illustre serviteur de l'époque, saint Pierre Canisius,
dont le grand ouvrage sur la Mère de Dieu, De
Virgine incomparabili, venait de paraître. Il allait
passer à Fribourg le reste de sa vie. Le saint jésuite
se rendit bientôt compte du relâchement trop général
des Fribourgeois dans la pratique de leurs devoirs
religieux. Quelle était alors la tâche qui attendait le
Père Canisius ? Fortifier, affermir, achever la guérison,
immuniser contre toute rechute. Il se mit à la besogne immédiatement et, pour
cela, fonda le collège Saint-Michel, réorganisa la prédication, multiplia les
catéchismes, institua les congrégations qui étaient une forme d'action catholique.
Or, quatre ans plus tard, au lieu de vingt personnes faisant leurs Pâques, il y en
avait six cents. De plus, les Exercices des Quarante-Heures établis par lui étaient
suivis très assidûment. Ce succès, ce merveilleux retour, l'ardent apôtre
l'attribuait à l'assistance maternelle de Notre-Dame de Bourguillon. Il savait que
c'est elle qui avait préservé Fribourg de l'invasion protestante, c'est d'elle qu'il
avait sollicité et obtenu le réveil de la foi, le retour à la pratique religieuse.
Dès le début, le Saint se sentait attiré par la pieuse chapelle de Bourguillon. Il
prit l'habitude de s'y rendre quasi quotidiennement, rosaire en main, et y prêcha
souvent avec une conviction entraînante sur la bonté et la puissance de la Vierge
aux pèlerins qui venaient la prier, leur assurant que « dans ce sanctuaire Marie
faisait des miracles ». Dans une allocution du 30 juillet 1581, il prononça ces
paroles :
« Dieu veut que sa Mère soit honorée en ce lieu avec grande dévotion, et
l'efficacité de son intercession, déjà si bien prouvée jusqu'ici, d'autres
l'expérimenteront encore. »
Non seulement le Saint allait à Bourguillon, mais encore il y envoyait des
pèlerins. Pendant la peste de 1587, le Père Canisius venait chaque jour en
pèlerinage à Notre-Dame de Bourguillon, et, souvent, il était accompagné par les
élèves du Collège. Durant l'année 1588, il y conduisit une procession de plus de
3000 personnes. Leurs prières furent exaucées et la peste cessa ses ravages.
Saint Pierre Canisius mourut le 21 décembre 1597. Le 21 mai 1925 il était
solennellement déclaré « saint, et en même temps docteur de l'Eglise ». Son nom
est lié à Bourguillon comme celui de son plus fidèle pèlerin et de son plus grand
apôtre. Son souvenir est resté gravé dans les coeurs comme celui d'un personnage
en avance sur son temps et de l'un des plus ardents pionniers dans la lutte pour la
sauvegarde de la foi dans le monde, et en particulier à Fribourg ; et sa mémoire
est demeurée en bénédiction.
Echos du Noviciat : janvier à juillet 2006
Jeudi 5 janvier : Tout au long de l'année liturgique, l'Eglise, notre Mère, a prévu
de nombreuses bénédictions, nous accordant par ces sacramentaux une puissante
aide et protection. En cette veille de l'Epiphanie, Monsieur l'Aumônier procède à
la bénédiction de l'eau et du sel de l'Epiphanie, suivie de la traditionnelle
bénédiction des maisons.
Vendredi 27 janvier : Le pays des 7100 îles nous envoie une nouvelle vocation.
Nous souhaitons la bienvenue à notre postulante philippine.
Dimanche 5 février : Bénédiction des pains de Sainte Agathe après la Messe
dominicale. Tous les fidèles reçoivent des pains bénits à conserver dans leur
maison contre les incendies mais aussi comme nourriture - pour la grande joie des
enfants.
Dimanche 26 au mardi 28 février : A tour de rôle, nos soeurs se relayent devant
le Saint-Sacrement exposé pour l'adoration des 40 heures. La réparation s'avère
de plus en plus nécessaire en ce monde en dégradation.
Mardi 7 mars : Soeur Marie Emmanuella a obtenu son visa pour le Canada
et s'envole aujourd'hui pour son
premier poste à l'école Sainte-Famille à
Lévis. Ses deux consoeurs ont déjà bien
préparé son arrivée, semble-t-il : igloo,
gros manteau, chaussures de neige !
Samedi 25 mars : En cette fête de
Notre-Dame de l'Annonciation, la
Sainte Vierge nous fait la grâce de l'autorisation de la commune pour la
rénovation des toitures avec création de nouvelles chambres.
Samedi 1er avril : S. E. Monseigneur Fellay ordonne en ce premier samedi du
mois dix sous-diacres et huit lecteurs/exorcistes au Séminaire d'Ecône ; très belle
cérémonie que nous avons voulu faire découvrir à nos nouvelles postulantes.
Jeudi Saint 13 avril : La Messe chrismale avec sa grande assistance du clergé, la
Messe vespérale avec le souvenir de l'institution de la sainte Messe et du
Sacerdoce, l'adoration de Notre Seigneur Jésus-Christ, souverain Prêtre, au
reposoir : toute la liturgie du Jeudi saint nous rappelle notre vocation de prier et
de nous sanctifier pour les prêtres.
Lundi 24 au samedi 29 avril : Les premiers travaux de démontage en vue du
changement des toitures sont effectués avec l'aide d'une famille amie et une
équipe de soeurs.
Lundi 1er mai :Avant la récitation du chapelet
devant le Saint-Sacrement exposé, toute la
communauté est réunie devant la statue du Coeur
Immaculé de Marie. Notre Dame a reçu aujourd'hui
une place d'honneur dans notre jardin et après la
bénédiction de Monsieur l'Aumônier, nous saluons
la Reine du Ciel et de la terre par le chant
polyphonique « Salve Regina caelitum ».
Jeudi 25 mai - Ascension de Notre Seigneur : Monsieur l'Abbé
Verlinden, prieur
de Kaunas en Lituanie,
préside la cérémonie des prises d'habit de
nos deux postulantes originaires de Lituanie et
des Indes et reçoit le premier engagement de
notre novice mexicaine, Soeur Alejandra de
Jesús. Cette variété de nationalités, n'est-ce pas
l'image de la Fraternité ?
Jeudi 29 juin :Jour de grandes grâces à Ecône ! Nous assistons
aux ordinations au sacerdoce et au diaconat et sommes heureuses de recevoir avec
les nombreux fidèles les bénédictions des quatre nouveaux prêtres.
Vendredi 30 juin : Notre nouvelle oblate, Soeur Alejandra de Jesús, quitte le
Noviciat pour sa première nomination au prieuré de Montalenghe (Italie) où deux
oblates exercent déjà leur apostolat.
Dimanche 2 au samedi 15 juillet :Tandis que les membres du Chapitre Général
sont réunis à Ecône pour l'élection du Supérieur Général et de ses Assistants, la
coïncidence de nos retraites annuelles à Flavigny pour les soeurs de langue
française et à Mels pour les anglophones, nous permet de prier davantage pour les
membres du Chapitre Général. Pendant une courte visite au sanctuaire de Notre-
Dame de Bourguillon qui se trouve sur le chemin de Mels, nous avons à coeur de
confier à la Très Sainte Vierge Marie tout particulièrement les intentions du
Chapitre Général.
Les versions complètes d'Oblata n° 3 en version pdf avec un complément sur les travaux en cours