"Notre séminaire d'Australie a vécu, en décembre dernier, une double "première" : d'une part c'était la première fois que le séminaire voyait des ordinations à la prêtrise, et d'autre part ce fut aussi la première promotion de prêtres entièrement formés sur place, au moins pour trois d'entre eux. Un diacre suisse est là bas d'ailleurs !" (Le Rocher n° 40).
Mgr de Galarretaa ordonné 4 prêtres (3 Philippins et 1 Australien), auxquels il faut ajouter 3 diacres, le 27 décembre 2005. La veille, il conféra des ordres mineurs et des tonsures. Tous les séminaristes ont reçu une ordination
particulière.
Nous avons eu la visite de près de 700 personnes et la présence de 25 prêtres, dont certains venus d'outre-mer. Le prêtre australien,
qui a des origines libanaises, a invité près de 200 personnes entre sa famille et ses amis ! C'est que parmi eux la famille est bien plus étendue que dans nos pays.
Lorsqu'on les compare avec celles des autres séminaires, ces 4 ordinations
du séminaire Holy Cross en Australie ne représentent pas grand chose. Mais, dans la pénurie actuelle
de vocations (y compris dans notre chère Fraternité), ce n'est pas si mal ! Réjouissons-nous donc !
Des "produits finis".
Cette joie spirituelle qui nous rend ici tous un peu "fiers", est toujours
mêlée de sentiments de crainte, pour ma part en tout cas. En effet, ces séminaristes, Dieu et la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X nous les ont confiés il y a 6 ans, et nous prêtres formateurs, nous nous demandons si nous avons accompli convenablement
cette tâche si exaltante, mais si délicate.
Nous recevons au début du séminaire des jeunes qui sont un peu comme la "matière brute" et nous, pauvres instruments inutiles, sommes chargés d'un sortir un "produit fini", qui marche.
Si les gens du monde prennent extrêmement soin de produire
des machines qui marchent, combien plus délicat est-ce quand il s'agit des hommes, libres, qui sont appelés
à être la lumière du monde et le sel de la terre, comme Notre Seigneur le demande ! Mais heureusement, il y a l'action de la grâce de Dieu, et surtout la grâce sacramentelle afin de perfectionner et de corriger les déficiences humaines.
Nous sommes conscients que nos 4 "produits finis" de cette année devraient produire d'autres fruits, eux aussi surnaturels : la sanctification de beaucoup d'âmes. De la sainteté de ces prêtres dépendra le salut de centaines, voire de milliers d'âmes. Je ne cesse de le dire à nos séminaristes.
J'espère maintenant qu'ils pourront le vérifier et le réaliser dans leur apostolat.
Les fidèles ont le droit de recevoir dans les jeunes prêtres qui sortent de nos séminaires des "produits finis", d'espérer qu'au moins, s'ils ne sont pas parfaits, ils marchent. Et nous, prêtres formateurs, sommes un peu la garantie de cette qualité.
C'est cela qui m'inquiète et même m'effraie ! Mais ici il n'y a pas, comme dans la production de machines, de "remboursement"
ou de "retour à l'usine" du "produit" si cela ne marche pas très bien. Il faudra parfois, chers fidèles,
être patients avec ce "produit", il faudra "faire avec", car l'action entre la grâce de Dieu et la liberté humaine est un très grand mystère.
L'oeuvre des séminaires
L'origine du mot "séminaire" vient de "pépinière". Il y a donc des jardiniers (nous en sommes, les prêtres formateurs) qui pendant un certain temps testent les semences, les plantent dans de la bonne terre, les arrosent et une fois que la petite plante émerge, il faut la transplanter.
C'est donc le moment de la fin du travail au séminaire. Nous espérons qu'une fois transplantée, la petite plante, qui est encore bien fragile, se développera et deviendra un grand arbre produisant beaucoup de bons fruits. Il faudra donc demander au "Maître de la moisson", par nos prières
et nos sacrifices, que ces plantes arrivent à leur perfection.
C'est cela, ni plus ni moins, que Notre Seigneur demande de ses prêtres.
Est-ce de l'angélisme, est ce utopie au milieu du monde dans lequel nous vivons, où les dangers de se perdre et les écueils sont si nombreux
? - Je ne le crois pas. C'est ce que notre cher fondateur ne cessait de nous répéter dans son Itinéraire Spirituel. Il aimait parler souvent de la nécessité de faire confiance à la grâce de Dieu.
Ce mystère de la grâce est d'autant plus grand que le Souverain
Prêtre, notre Doux Sauveur, a voulu partager son Sacerdoce avec de pauvres humains. Si Dieu donne le caractère sacerdotal il donne aussi les grâces nécessaires pour accomplir la mission donnée. La conclusion qui s'impose donc est la suivante : s'il y a de bons fruits, il faudra rendre grâce à Dieu, et à Dieu seul, car tout bien procède de sa bonté infinie. Par contre,
s'il y a quelque chose de défectueux,
cela ne vient que de nous, de notre fragilité humaine. Nous produisons
la mauvaise qualité, du "made in China", de l'imitation, du "toc", mais Dieu seul produit la bonne qualité.
Puissent les fidèles qui bénéficieront de l'apostolat de nos jeunes prêtres, être reconnaissants de ce que font nos séminaires pour le salut de leurs âmes. Puissent-ils soutenir l'oeuvre de leurs prières. Prions pour la sanctification et la persévérance de nos vocations !
Côté statistique
Nous avons fini l'année scolaire avec 18 grands séminaristes, auxquels
il faut rajouter 2 postulants frères. Trois étudiants Rédemptoristes d'Écosse ont passé une année ici. Il faut ajouter 3 frères profès et 3 prêtres.
L'un de nos professeurs, M. l'abbé Jean-Baptiste Frament, a malheureusement été muté au Gabon
en cours d'année, ce qui n'a pas arrangé les choses pour les cours. Son remplaçant, un prêtre canadien, a eu de très graves problèmes cardiaques et ne pourra pas venir. En "consolation"
nous avons reçu deux diacres, un Australien (qui a été ordonné le 27 décembre) et un Suisse, M. l'abbé Christoph Pfluger.
Nous commencerons l'année avec une seule vocation en première année. C'est vrai que ce sont des vocations
au compte-goutte, mais finalement
ce n'est pas tant la quantité que la qualité qui compte.
Par ailleurs, le nombre de petits séminaristes a beaucoup grandi : ils sont passés de 15 à 27 ! La proportion des forces a donc changé depuis l'année dernière où les grands étaient plus nombreux. Nous avons l'espoir de voir sortir des vocations parmi eux. L'origine reste encore assez internationale pour les deux séminaires : les 5 continents sont représentés dans notre maison, où habitent près de 50 personnes. Les travaux entrepris pour loger les petits-séminaristes dans une maison contiguë sont finis et la nouvelle Maison, baptisée St-Joseph's House, a été bénie récemment. C'est une belle réussite, car il s'agissait de remodeler un vieux grenier pour en tirer plus d'une vingtaine de chambres, très confortables.
« At the beginning of February 2003, Holy Cross will be starting a Minor Seminary for high school boys aged 15 and over. These boys do not necessarily have a vocation, but they are expected to live and pray as Seminarians, which is the best preparation for life as well as for the Major Seminary. Consequently it is not a school but a Seminary, and these boys aged 15 - 19 years will be observing the same rule of life as the Major Seminarians. Only those boys who have a recommendation from a priest for their exemplary and excellent behavior will be accepted into the Minor Seminary. The studies will be very demanding since the Cambridge International Exams will be used each year as external exams. Mr. Des McDonnell and Mr. Bill Pointing, both qualified teachers, will be responsible for much of the instruction given to the Minor Seminarians. Applications for entry must be directed to the Seminary Rector.»